Seule appellation village de Bourgogne entièrement dédiée à l'aligoté, Bouzeron produit des blancs vifs, salins et gourmands, au nord de la Côte Chalonnaise. Le grand vin de Bouzeron a redonné ses lettres de noblesse à un cépage longtemps sous-estimé, en montrant que l'aligoté, sur un beau terroir, donne des vins précis et gastronomiques. Cette page vous guide à travers son histoire singulière, ses terroirs, son style et ses accords, pour découvrir un blanc original, désaltérant et abordable, qui incarne une facette méconnue de la Bourgogne.

Bouzeron est la seule appellation village de Bourgogne consacrée au cépage aligoté. Située au nord de la Côte Chalonnaise, elle produit des blancs vifs, salins et fins, à un excellent rapport qualité-prix. C'est une belle découverte pour qui veut sortir des sentiers battus du chardonnay.

Bouzeron, le fief de l'aligoté

Niché au nord de la Côte Chalonnaise, entre la Côte de Beaune et Mercurey, le village de Bouzeron possède une singularité unique en Bourgogne : c'est la seule appellation village entièrement consacrée à l'aligoté. Là où le reste de la région réserve ses appellations au chardonnay et au pinot noir, Bouzeron a fait le pari d'un cépage longtemps considéré comme secondaire, et en a tiré des blancs d'une belle personnalité. Pour situer ce village dans son secteur et réviser la logique des vins du nord de la Côte Chalonnaise, notre page sur les vins de la Côte Chalonnaise offre un cadre utile avant d'explorer son terroir.

La force de Bouzeron tient à sa capacité à sublimer l'aligoté, cépage réputé rustique, pour en faire un blanc raffiné et désaltérant. Sur les coteaux bien exposés de l'appellation, l'aligoté révèle une finesse et une salinité insoupçonnées, loin de l'acidité mordante qu'on lui prête souvent. Cette réhabilitation, portée par des vignerons passionnés, a fait de Bouzeron une référence pour ce cépage. Ses vins, vifs et gourmands, séduisent par leur originalité et leur prix accessible, deux atouts précieux pour l'amateur curieux.

Un grand vin de Bouzeron se reconnaît à sa vivacité saline. Sous une robe pâle aux reflets verts, il déploie des arômes d'agrumes, de fleurs blanches et de fruits à chair blanche, portés par une bouche tendue et désaltérante. Sans chercher l'ampleur des grands blancs de chardonnay, il mise sur la fraîcheur, la précision et une salinité qui appelle la table. Cette signature, née d'un cépage singulier et d'un beau terroir, fait toute l'originalité de l'appellation.

L'aligoté, un cépage réhabilité

L'histoire de Bouzeron est indissociable de la réhabilitation de l'aligoté. Longtemps relégué au rang de cépage secondaire, planté sur les terroirs les moins nobles et destiné aux vins de comptoir, l'aligoté a trouvé à Bouzeron un terroir capable de révéler son potentiel. La reconnaissance de l'appellation, d'abord en tant qu'appellation communale pour l'aligoté, a consacré cette singularité et donné au cépage une vitrine à sa mesure. Cette histoire, plus récente que celle des grands villages bourguignons, témoigne de la vitalité d'un vignoble qui sait se réinventer.

ÉlémentCaractéristique
CépageAligoté (en particulier l'aligoté doré, sélection fine)
CouleurBlanc uniquement
StyleVif, salin, floral, désaltérant

La qualité de l'aligoté à Bouzeron doit beaucoup au choix des meilleures sélections, notamment l'aligoté doré, réputé plus fin et plus qualitatif que l'aligoté vert. Planté sur les coteaux calcaires les mieux exposés, ce cépage donne des blancs d'une belle précision, loin de la simple acidité qu'on lui associe. Ce soin apporté à la sélection et à l'implantation explique le saut qualitatif qui a fait la réputation de l'appellation.

Au delà du cépage, c'est tout un état d'esprit qui distingue Bouzeron. Les vignerons du secteur travaillent l'aligoté avec le même sérieux que le chardonnay ailleurs en Bourgogne, avec des rendements maîtrisés et des élevages soignés. Cette exigence a transformé l'image d'un cépage jadis méprisé en celle d'un blanc raffiné et recherché. Découvrir un grand vin de Bouzeron, c'est goûter le fruit de cette patiente réhabilitation.

Le terroir de Bouzeron

La finesse des vins de Bouzeron prend racine dans un terroir calcaire, propice à l'aligoté. Deux facteurs, la nature des sols et l'orientation des coteaux, expliquent le style de ses vins. Leur observation éclaire la personnalité de l'appellation et la réussite du cépage sur ce site particulier.

Des sols calcaires

Le sous-sol de Bouzeron, riche en calcaire et en marnes, apporte à l'aligoté tension et salinité. Cette signature géologique explique la fraîcheur et la précision des blancs de l'appellation. Les meilleurs coteaux, où le calcaire domine, donnent des vins d'une belle droiture, capables d'une garde de quelques années. Cette base minérale confère aux vins de Bouzeron leur élégance et leur vivacité, très appréciées à table.

Une exposition favorable

Les coteaux de Bouzeron, souvent orientés à l'est et au sud-est, assurent une maturation régulière de l'aligoté. Les meilleurs climats bénéficient d'une belle lumière matinale qui garantit une maturité suffisante tout en préservant l'acidité naturelle du cépage. Cette géométrie du paysage explique la concentration des meilleures parcelles sur des secteurs précis, patiemment identifiés au fil des générations. Comprendre cette logique, c'est saisir pourquoi Bouzeron réussit là où l'aligoté déçoit ailleurs.

Le style des vins de Bouzeron

Le style d'un grand vin de Bouzeron se caractérise par sa vivacité saline et sa finesse. Cette signature, marque de l'appellation, se décline selon le millésime, la parcelle et le talent du producteur. Les traits marquants de ces blancs méritent d'être détaillés :

  • Une robe pâle aux reflets verts, gage de fraîcheur.
  • Un bouquet floral, mêlant agrumes, fleurs blanches et fruits à chair blanche.
  • Une bouche vive et saline, désaltérante et gastronomique.
  • Une belle tension, héritée du cépage aligoté et des sols calcaires.

Cette vivacité fait des blancs de Bouzeron des vins polyvalents et faciles à marier, appréciés aussi bien à l'apéritif qu'à table. Pour saisir la parenté avec l'autre grand blanc du secteur, il est éclairant de comparer Bouzeron à Rully, et notre page sur les vins de Rully permet ce rapprochement entre deux appellations blanches voisines, l'une dédiée à l'aligoté, l'autre au chardonnay.

L'aligoté à Bouzeron, de la vigne au chai

La finesse des vins de Bouzeron résulte autant du terroir que du travail du vigneron. L'aligoté y réclame une attention constante pour préserver l'équilibre entre fraîcheur et maturité. Comprendre ce travail éclaire ce que l'on goûte et le style propre à chaque domaine.

À la vigne

Le travail commence par le choix des sélections d'aligoté, la maîtrise du rendement et le soin apporté aux sols calcaires, jusqu'à la décision de la date de récolte. À Bouzeron, l'enjeu consiste à obtenir une maturité suffisante pour dompter l'acidité naturelle du cépage, tout en préservant la salinité qui fait la signature des blancs. Le sérieux des vignerons du secteur se lit dans la finesse croissante des vins, qui confirment la belle réputation de l'appellation.

L'élevage

L'élevage, mené avec mesure, apporte de la complexité aux meilleures cuvées sans masquer la fraîcheur de l'aligoté. Certains vins, élevés sur lies ou en fût, gagnent en richesse et en profondeur, tandis que d'autres privilégient la vivacité et le fruit. Le talent du vinificateur consiste à préserver la précision et la salinité, marques de fabrique de Bouzeron. Ce savoir-faire façonne le style final et conditionne l'évolution des vins dans le temps.

grand vin de Bouzeron, vignoble d'aligoté de la Côte Chalonnaise
Les coteaux de Bouzeron, dédiés au cépage aligoté.

Millésimes, garde et service

Le millésime influence le style d'un grand vin de Bouzeron, selon les conditions de l'année. Les années fraîches donnent des blancs particulièrement vifs et tendus, tandis que les années solaires produisent des vins plus amples, où l'aligoté gagne en rondeur. La fraîcheur naturelle du cépage, alliée aux sols calcaires, s'exprime dans tous les millésimes. Connaître le profil d'une année aide à choisir et à ajuster la patience à accorder.

Pour servir ces blancs dans les meilleures conditions, quelques repères suffisent :

  1. Servir autour de 10 à 12 °C, pour préserver la fraîcheur et l'éclat aromatique.
  2. Choisir un verre assez ample, qui laisse le vin s'aérer.
  3. Ouvrir les cuvées les plus sérieuses un peu à l'avance, car elles gagnent à respirer.
  4. Éviter de conserver une bouteille entamée trop longtemps, au risque de perdre sa vivacité.

La garde des blancs de Bouzeron, sans égaler celle des grands crus, réserve de belles surprises pour les meilleures cuvées, qui évoluent favorablement pendant quelques années, développant des notes plus complexes tout en gardant leur nerf. Les cuvées les plus simples se dégustent plutôt dans leur jeunesse, sur la fraîcheur. Une conservation soignée, au frais et à l'abri de la lumière, conditionne cette évolution. Cette souplesse de gestion, à des prix accessibles, fait de Bouzeron un vin commode pour la cave du quotidien.

Accords mets et vins

À table, un grand vin de Bouzeron offre une belle polyvalence, grâce à sa vivacité et à sa salinité. Il accompagne à merveille les fruits de mer, les huîtres, les poissons, les escargots à la bourguignonne et les fromages de chèvre, dont il réveille les saveurs par sa fraîcheur. Servi à l'apéritif, il séduit par son éclat désaltérant, et son profil salin en fait un compagnon idéal des produits de la mer. Cette souplesse fait de Bouzeron un allié précieux pour composer des repas frais et variés.

L'aligoté de Bouzeron, avec sa tension, appelle les mets iodés et les préparations relevées, qu'il rafraîchit sans jamais s'effacer. Il fait merveille sur un plateau de fruits de mer, une friture ou une salade estivale, comme sur un fromage de chèvre frais. Sa vivacité en fait aussi l'ingrédient classique du kir, où il révèle son origine bourguignonne. Pour approfondir la logique des cépages bourguignons et mieux situer l'aligoté face au chardonnay, notre dossier sur les cépages de Bourgogne éclaire utilement ce qui distingue les blancs de la région.

Bouzeron dans l'histoire du vignoble

L'histoire de Bouzeron est celle d'une reconnaissance patiemment acquise. Longtemps confondu avec la masse des vins d'aligoté de la région, le village a su faire valoir la singularité de son terroir et la qualité de ses blancs pour obtenir sa propre appellation. Cette consécration, relativement récente à l'échelle de la Bourgogne, a récompensé le travail de vignerons convaincus que l'aligoté méritait mieux que sa réputation de cépage rustique. Elle a fait de Bouzeron un cas unique, la seule appellation village de la région dédiée à ce cépage.

Ce passé singulier, plus discret que celui des grands villages de la Côte de Beaune, n'enlève rien à la valeur du terroir de Bouzeron. En choisissant un grand vin de Bourgogne issu de l'appellation, on savoure l'héritage d'une aventure viticole atypique, celle de la réhabilitation d'un cépage. Cette profondeur historique rappelle qu'un vin se conçoit toujours dans le temps long, comme le fruit d'une transmission entre générations de vignerons attachés au caractère de leur terroir.

Comparer Bouzeron à ses voisins

Comprendre Bouzeron passe par la comparaison avec les autres appellations de la Côte Chalonnaise, tant chacune possède sa personnalité. Face aux blancs de chardonnay de Rully et Montagny, plus classiques, Bouzeron affirme l'originalité de son aligoté, plus salin et plus tendu. Face aux rouges de Mercurey et Givry, il apporte la fraîcheur d'un blanc désaltérant. Cette diversité de styles illustre la richesse d'un grand vin de Bourgogne et invite à explorer plusieurs appellations plutôt qu'à s'enfermer dans une seule. Goûter Bouzeron en regard de ses voisins affine le palais et révèle ce qui fait sa singularité.

Loin d'opposer les appellations, cette comparaison enrichit la compréhension de l'ensemble du secteur et nourrit un plaisir renouvelé. Elle rappelle aussi la vocation particulière de Bouzeron, seule appellation village de Bourgogne dédiée à l'aligoté. Cette spécialisation, unique, offre à l'amateur un blanc original, idéal pour sortir des sentiers battus du chardonnay. Cette liberté de choix, offerte par la diversité du vignoble, constitue l'un des grands attraits de la découverte d'un grand vin de Bourgogne.

L'évolution des vins et le rôle du producteur

Suivre l'évolution d'un grand vin de Bouzeron réserve de belles surprises. Dans sa jeunesse, le vin séduit par sa fraîcheur saline et ses arômes floraux, offrant un plaisir immédiat et désaltérant. Après quelques années, les meilleures cuvées gagnent en complexité, développant des notes plus mûres tout en conservant leur vivacité. Cette évolution, propre aux vins de belle tenue, récompense l'amateur qui a su patienter, et démontre que l'aligoté de Bouzeron ne se réduit pas à un simple vin de soif.

Comme partout en Bourgogne, le talent du producteur et le caractère du millésime pèsent autant que l'appellation sur la qualité d'une bouteille. Un vigneron talentueux saura préserver la salinité de l'aligoté tout en lui apportant de la matière, quand un travail moins soigné donnerait un blanc plus acide et quelconque. Apprendre à connaître les domaines dont la philosophie nous parle et suivre leurs millésimes constitue donc un investissement précieux. En conjuguant ces deux repères, l'amateur se donne les moyens de choisir un grand vin de Bouzeron avec discernement, pour un budget toujours mesuré.

Constituer une cave autour de Bouzeron

Bâtir une cave autour de Bouzeron permet de disposer de blancs originaux et désaltérants, à des prix accessibles. La vivacité de ces vins en fait des alliés précieux pour l'apéritif, les fruits de mer et les repas légers, tandis que les meilleures cuvées offrent davantage de matière pour les plats plus élaborés. Une sélection avisée mêle des vins de plaisir immédiat et quelques cuvées à patienter un peu, pour varier les styles.

Pour composer une sélection équilibrée autour de l'appellation, quelques principes guident les choix :

  • Réserver une place de choix aux cuvées vives et désaltérantes, pour l'apéritif et les fruits de mer.
  • Ajouter une ou deux cuvées plus sérieuses, élevées sur lies ou en fût, pour monter en gamme.
  • Prévoir des bouteilles de plaisir immédiat pour les repas légers et estivaux.
  • Varier les millésimes et les producteurs, afin de comparer les styles.

La régularité prime sur les coups d'éclat. Mieux vaut acheter peu mais bien, auprès de producteurs de confiance, en notant ses impressions. Une cave centrée sur Bouzeron offre un excellent rapport entre plaisir et budget, idéale pour boire des blancs originaux au quotidien. Cette approche raisonnée procure au fil des années une compréhension toujours plus fine de l'appellation et un plaisir renouvelé, sans jamais se ruiner.

Idées reçues et découverte

Plusieurs croyances desservent encore Bouzeron et l'aligoté, et méritent d'être corrigées. La première voudrait que l'aligoté soit un cépage rustique et sans intérêt, alors que les meilleurs Bouzeron affichent une finesse et une salinité dignes d'appellations bien plus chères. La deuxième réduit ces vins à de simples blancs acides bons pour le kir, oubliant la complexité des cuvées les plus sérieuses. Se défaire de ces automatismes ouvre la voie à de belles découvertes, à des prix particulièrement attractifs.

Pour progresser dans la découverte de Bouzeron, la dégustation comparée demeure la méthode reine, d'autant plus abordable ici que les prix restent doux. Goûter côte à côte un Bouzeron et un blanc de chardonnay de Rully, ou deux cuvées d'aligoté de producteurs différents, révèle la diversité de l'appellation. Cette gymnastique du palais, accessible à tous, ancre le savoir dans l'expérience. Le prix modéré des vins de Bouzeron en fait un formidable terrain d'apprentissage, où l'on peut s'initier à un cépage méconnu sans se ruiner et affiner son goût pas à pas.

Accorder Bouzeron au fil des saisons

La vivacité des blancs de Bouzeron se prête à une cuisine qui évolue au rythme des saisons. Au printemps et en été, ils accompagnent à merveille les fruits de mer, les poissons grillés, les salades et les fromages de chèvre, apportant fraîcheur et éclat. Servis bien frais, ils offrent une sensation désaltérante idéale pour les tables ensoleillées et les apéritifs en terrasse. C'est la saison où la salinité de l'aligoté s'exprime le mieux, dans un registre d'une belle pureté.

L'automne et l'hiver mettent davantage en avant les cuvées les plus sérieuses, qui accompagnent des plats plus riches comme une volaille ou un poisson en sauce, ou encore les escargots à la bourguignonne. La matière de ces vins dialogue alors avec des préparations plus élaborées, sans renoncer à la fraîcheur. Cette adaptation au rythme des saisons enrichit le plaisir et met en valeur la polyvalence de l'appellation. En raisonnant ainsi, on tire le meilleur de chaque bouteille et l'on constitue peu à peu un répertoire d'accords personnel et fiable.

Bien débuter avec les vins de Bouzeron

Aborder Bouzeron sans se tromper suppose de partir des bons repères, et l'appellation se prête idéalement à cet apprentissage grâce à sa fraîcheur et à ses prix accessibles. Les cuvées signées par des producteurs sérieux constituent le meilleur point de départ, car elles offrent un aperçu fidèle du style salin et floral de l'aligoté à un tarif raisonnable. Commencer par ces vins permet de se familiariser avec ce cépage singulier avant d'explorer les cuvées les plus ambitieuses. Cette progression douce constitue la meilleure école du goût.

La dégustation comparée accélère considérablement cet apprentissage, d'autant plus facilement ici que les bouteilles restent abordables. Goûter côte à côte un aligoté générique et un Bouzeron met en évidence tout ce qu'un beau terroir apporte au cépage. Cette gymnastique du palais, accessible à tous, ancre le savoir dans l'expérience et affine peu à peu les préférences de chacun. Tenir un carnet de dégustation, enfin, prolonge et fixe ces acquis. Le prix modéré des vins de Bouzeron en fait un formidable terrain d'exploration, où l'on peut multiplier les expériences sans se ruiner et découvrir une facette méconnue d'un grand vin de Bourgogne.

Bouzeron, un blanc original à découvrir

Dans le paysage des blancs de Bourgogne, Bouzeron occupe une place à part, celle de l'aligoté révélé. Loin des étiquettes prestigieuses et des prix élevés, il offre une porte d'entrée originale vers les blancs de la région, avec une vivacité et une salinité qui séduisent aussi bien les curieux que les amateurs aguerris. Ce positionnement, allié à la montée en qualité de ses domaines, explique l'intérêt croissant que lui portent les connaisseurs en quête de découvertes. Bouzeron est le blanc parfait pour sortir des sentiers battus, tout en réservant de belles surprises gastronomiques.

Choisir un grand vin de Bouzeron, c'est faire le pari d'un blanc singulier et rafraîchissant, taillé pour la table et pour les moments de convivialité. Que vous cherchiez une bouteille pour un apéritif, un blanc pour accompagner des fruits de mer ou simplement à découvrir l'aligoté de Bourgogne sous son meilleur jour, l'appellation saura vous accompagner, de ses cuvées les plus vives jusqu'à ses vins les plus élaborés. Nous enrichirons cette page au fil des dégustations et de vos retours, afin qu'elle demeure un repère fiable et vivant, fidèle à l'esprit de partage qui anime ce guide.

Servir et conserver ses Bouzeron

Quelques gestes simples permettent de tirer le meilleur de ces blancs. La température de service joue un rôle déterminant : trop froid, le vin se ferme et perd de sa complexité ; trop chaud, il perd la vivacité qui fait tout son charme. Un service entre dix et douze degrés convient à la plupart des cuvées, un peu moins pour les vins les plus simples servis à l'apéritif. Le choix du verre compte aussi, un verre à vin blanc de taille moyenne concentrant les arômes tout en préservant la fraîcheur saline.

Pour la conservation, les cuvées les plus vives se boivent volontiers dans leurs premières années, sur leur fruit et leur salinité. Les vins les plus sérieux des meilleurs producteurs peuvent en revanche patienter quelques années, développant alors des notes plus complexes tout en gardant leur nerf. Une cave fraîche, à l'abri de la lumière et des variations de température, suffit à préserver leur qualité. En respectant ces quelques principes, l'amateur s'assure de retrouver dans son verre toute la finesse d'un grand vin de Bourgogne blanc, servi dans les meilleures conditions.

Le style de l'aligoté de Bouzeron en détail

Ce qui frappe d'abord dans un Bouzeron, c'est sa fraîcheur saline. L'aligoté y donne des vins d'une belle droiture, où la vivacité guide la dégustation du début à la fin, sans jamais tomber dans l'acidité mordante qu'on prête au cépage ailleurs. Le nez évoque les agrumes, les fleurs blanches et parfois une touche de fruits à chair blanche, sur un fond légèrement salin hérité des sols calcaires. En bouche, l'attaque est vive, le milieu de bouche élancé, et la finale saline invite à reprendre une gorgée. Ce profil désaltérant fait de Bouzeron un blanc de soif au sens le plus noble, taillé pour la table et les produits de la mer.

Les cuvées les plus ambitieuses, élevées sur lies ou en fût, ajoutent à cette trame de la matière et de la profondeur. L'élevage, conduit avec mesure pour ne pas masquer la fraîcheur, apporte une texture plus enveloppante et des notes plus mûres qui se dévoilent avec le temps. Ces vins gagnent à être servis un peu moins froids que les cuvées d'apéritif, pour libérer toute leur complexité. Cette gradation entre cuvées simples et vins plus sérieux offre à l'amateur un parcours de découverte cohérent, où chaque étape révèle une facette supplémentaire de l'aligoté de Bouzeron.

Terroir et climat, les clés du caractère

La personnalité des blancs de Bouzeron prend racine dans son terroir. Les coteaux de l'appellation, exposés de manière favorable, reposent sur des sols calcaires et marno-calcaires qui conviennent parfaitement à l'aligoté. Ces sols, drainants et pauvres, obligent la vigne à puiser en profondeur et donnent des raisins concentrés, porteurs de cette salinité qui signe les meilleures cuvées. L'altitude des parcelles, souvent un peu plus élevée que dans la Côte de Beaune, contribue à préserver l'acidité et donc la vivacité si caractéristique des vins du secteur.

Le climat de la Côte Chalonnaise, un peu plus continental, joue lui aussi son rôle. Les écarts de température entre le jour et la nuit, en fin de saison, favorisent une maturation lente qui préserve les arômes délicats de l'aligoté et dompte son acidité naturelle. Cette conjonction entre sol calcaire, exposition mesurée et fraîcheur climatique explique la droiture des blancs de Bouzeron. Comprendre ces facteurs aide l'amateur à mieux apprécier ce qu'il déguste et à percevoir, derrière chaque bouteille, le dialogue entre la vigne et son environnement qui fait la singularité d'un grand vin de Bourgogne.

Bouzeron et l'essor de la Côte Chalonnaise

L'intérêt croissant pour Bouzeron s'inscrit dans un mouvement plus large, celui de la reconnaissance de la Côte Chalonnaise tout entière. Longtemps restée dans l'ombre des Côtes de Nuits et de Beaune, cette région séduit aujourd'hui les amateurs qui cherchent des vins de qualité à des prix mesurés. Bouzeron, avec son aligoté singulier et sa réputation grandissante, incarne parfaitement cette dynamique. Les domaines investissent, affinent leurs pratiques à la vigne comme au chai, et la qualité moyenne des cuvées ne cesse de progresser.

Cette montée en gamme profite directement à l'amateur curieux, qui trouve dans Bouzeron un terrain d'exploration idéal et original. Découvrir cette appellation aujourd'hui, c'est saisir un moment où le rapport entre qualité et prix reste particulièrement favorable, avant que la notoriété de l'aligoté de qualité ne fasse grimper les tarifs. En cela, choisir un grand vin de Bouzeron relève autant du plaisir immédiat que du regard avisé sur un vignoble atypique, dont les meilleures cuvées méritent une place de choix dans toute cave attentive aux découvertes.

Questions fréquentes sur Bouzeron

Bouzeron est-il un vin de chardonnay ? Non, c'est la seule appellation village de Bourgogne entièrement dédiée à l'aligoté. C'est ce qui fait toute son originalité et sa réputation de référence pour ce cépage.

L'aligoté de Bouzeron est-il seulement bon pour le kir ? Pas du tout. Si l'aligoté sert traditionnellement de base au kir, les meilleurs Bouzeron sont des blancs gastronomiques à part entière, fins, salins et capables d'accompagner de beaux plats de la mer.

Pourquoi choisir Bouzeron ? Pour son originalité et son excellent rapport entre qualité et prix. L'appellation offre des blancs vifs, salins et désaltérants, à des tarifs doux, et permet de découvrir une facette méconnue de la Bourgogne. C'est une belle idée pour sortir des sentiers battus.